Face à l’insondable mystère de la peinture, il y a deux attitudes possibles.
L’une consiste à vouloir le résoudre en construisant des réponses que l’on croit définitives, mais qui ne sont qu’éphémères illusions.
L’autre, au contraire, cherche à épaissir ce mystère en lui faisant prendre des formes encore inconnues.
C’est cette voie que, consciemment ou non, Marie José Maleville a choisie, et chacune de ses toiles est une contribution à l’enrichissement de cette énigme. Ni question, ni réponse, elle est un secret de plus qui s’ajoute, irremplaçable, à tous les autres, comme un chemin supplémentaire dans un immense labyrinthe dont on ne veut pas sortir.
Par une démarche à la fois personnelle et universelle, Marie José Maleville échappe ainsi au dilemme de la figuration et de l’abstraction. Sa peinture est alors l’invitation à un périple dans la couleur, la nuance, la lumière, la vigueur des contrastes ou la subtilité des formes furtives. On croit voir un paysage, et on découvre l’évocation d’un souvenir caché, qui ne se laisse pas enfermer dans une mémoire précise et immuable. La silhouette apparaît tout d’abord comme une figure que l’on croit connaître, un repère rassurant, mais devient une énigme par la magie de la lumière, car on ne sait si elle entre ou sort de la toile.
 
Et la peinture prend vie à travers les regards changeants du spectateur, qui devient complice de cette quête quand il accepte qu’elle n’ait pas de dénouement.
 
B.T.  Mai 2001
 







Retour