Serge Grélin Une fois passée la porte de la Médiathèque de Venerque, l'accueil cordial et l'intimité du lieu me font oublier le froid hivernal extérieur. Je me retrouve dans un co con de chaleur humaine et picturale. Enveloppé par les peintures vivement colorées de Marie-José Maleville. Sur les surfaces, un frémissement de l'espace tente d'émerger des superpositions de couleurs, plus ou moins brossées. Il est arrêté avant d'advenir, figé par une forme ogivale. Elle envahit chaque panneau, absorbe et assèche tout désir de légèreté.
Il me semble que l'intention réelle de Marie-José Malevile ne soit pas de nous présenter sa peinture. Mais l'évocation de l'état mental dans lequel elle se trouvait à une période donnée. Toutes ces formes, qui obstruent les différents formats, qui aspirent l'air: ces cocons, ses pots dans lesquels une lente métamorphose se réaliserait. Ses formes schématisées de corps de dos, de corps recroquevillé sur lui-même, en concentration, en souffrance, me parlent du silence brut de la création. Pour laquelle rien ne s'accomplirait hors de lui. Il se peut que ce que je vois ne soit pas qu'une œuvre de création, mais la gestation de la création. A l'abri des regards, confinée au plus profond d'elle-même pour mieux se déployer dans le geste à venir. Donnant le change sous une apparence qui se veut plaisante par l'application de strates de couleurs acides...
Les peintures de Marie-José Maleville reflètent peut-être son enfermement dans lequel elle se tient rassemblée pour se projeter ensuite dans l'espace blanc. Enferment dans lequel, malgré l'exposition, les discutions, moi, le regardant, extérieur à tout cela, ne pourra jamais pénétrer. A moins de m'y adonner également corps et âme.
Villenouvelle, 2 février 2006
Il me semble que l'intention réelle de Marie-José Malevile ne soit pas de nous présenter sa peinture. Mais l'évocation de l'état mental dans lequel elle se trouvait à une période donnée. Toutes ces formes, qui obstruent les différents formats, qui aspirent l'air: ces cocons, ses pots dans lesquels une lente métamorphose se réaliserait. Ses formes schématisées de corps de dos, de corps recroquevillé sur lui-même, en concentration, en souffrance, me parlent du silence brut de la création. Pour laquelle rien ne s'accomplirait hors de lui. Il se peut que ce que je vois ne soit pas qu'une œuvre de création, mais la gestation de la création. A l'abri des regards, confinée au plus profond d'elle-même pour mieux se déployer dans le geste à venir. Donnant le change sous une apparence qui se veut plaisante par l'application de strates de couleurs acides...
Les peintures de Marie-José Maleville reflètent peut-être son enfermement dans lequel elle se tient rassemblée pour se projeter ensuite dans l'espace blanc. Enferment dans lequel, malgré l'exposition, les discutions, moi, le regardant, extérieur à tout cela, ne pourra jamais pénétrer. A moins de m'y adonner également corps et âme.
Villenouvelle, 2 février 2006
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